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  LA PRÉSENCE FRANÇAISE EN ONTARIO : 1610, PASSEPORT POUR 2010  
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OCCUPATION DU TERRITOIRE

L'habitat et la vie quotidienne

   La vie dans les villes minières
   et industrielles

 

 

La vie d'une famille ouvrière urbaine vers 1900

Vers 1900, la majorité des ouvriers canadiens-français de l'Ontario, qu'ils travaillent dans les grandes scieries d'Ottawa, dans les cotonneries ou pulperies à Cornwall, Welland ou ailleurs, pour les chemins de fer ou dans les mines, sont des travailleurs non spécialisés, c'est-à-dire des journaliers. Pour eux, le travail est souvent irrégulier. Ne bénéficiant d'aucune sécurité d'emploi, ces ouvriers sont facilement mis à pied, sans revenu (l'assurance-chômage n'existe pas encore), quand le travail vient à manquer. Peu importe le lieu de travail, la journée passée à travailler est longue et atteint facilement 11 heures, de 7 heures à 18 heures par exemple, avec une pause à l'heure du midi. Le salaire se situe probablement autour de un à deux dollars par jour. Les travailleurs spécialisés ou artisans reçoivent une meilleure rémunération. Au total, un journalier ne peut probablement espérer qu'un revenu annuel de 200 $ à 300 $; revenu qu'il complétera peut-être par le travail au chantier l'hiver, un travail qui pourra lui rapporter de 50 $ à 100 $. D'après le budget d'une jeune famille ouvrière de la paroisse canadienne-française de Saint-François d'Assise d'Ottawa, dont Alexis de Barbezieux a tracé le portrait, il faut débourser environ 60 $ annuellement pour se loger, 145 $ pour se nourrir et facilement 130 $ pour les frais de chauffage, les vêtements, les soins médicaux et les divers frais de taxes et d'assurances, ce qui laisse peut-être une trentaine de dollars pour tout le reste y compris les loisirs. Les femmes, et parfois même les enfants, doivent souvent trouver le moyen de contribuer au revenu du ménage, en cousant pour les grands magasins par exemple, en offrant leurs services pour des travaux ménagers chez des familles aisées ou pour des menus travaux à gauche et à droite. L'industrie textile offre de l'emploi à toute la famille et plusieurs familles nombreuses survivent grâce à l'effort collectif que permet le travail en usine. L'habitation est modeste et la famille y est à l'étroit, qu'il s'agisse d'un logement urbain, d'une maison fournie par la compagnie (comme la Cotton Mill de Welland) ou d'une petite propriété de banlieue (comme dans le cas de la jeune famille ouvrière d'Ottawa décrit par Alexis de Barbezieux). On se marie jeune et on a rapidement plusieurs enfants qui quittent l'école assez tôt, pour intégrer le marché du travail et contribuer au revenu familial.

La vie dans les villes minières et industrielles

 
   
                 
       
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Dernières modifications : 2003.11.01

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Centre de recherche en civilisation canadienne-française (CRCCF), 2003