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Les écoles modèles bilingues sous le Règlement XVII Au début des années 1910, l'école modèle « bilingue » d'Ottawa, établit chez les Soeurs Grises, est la seule institution de formation pédagogique pour les écoles franco-ontariennes. En 1912, alors que le gouvernement ontarien adopte le Règlement XVII, trois nouvelles écoles modèles « bilingues » sont établies à Vankleek Hill, Sturgeon Falls et Sandwich. En 1916, le ministère de l'Éducation fait une priorité du développement des écoles modèles « bilingues » car il s'agit du moyen le plus efficace et le plus rapide pour doter les écoles franco-ontariennes d'enseignants capables d'enseigner en anglais. Au début des années 1920, l'Association canadienne-française d'éducation d'Ontario (ACFEO) s'inquiète du fait que des professeurs anglophones et protestants enseignent aux futurs enseignants des écoles franco-ontariennes, dont de nombreux enseignants religieux. En 1921, Laurence Pelland, alors étudiante de l'école modèle d'Ottawa, soutient auprès de l'ACFEO que les étudiants et les étudiantes de l'école modèle bilingue d'Ottawa, et en particulier les religieuses, subissent une influence morale protestante néfaste. En 1923, l'ACFEO entame une campagne dénonçant le programme d'études essentiellement anglais et le caractère protestant des écoles modèles « bilingues » de Vankleek Hill, Ottawa, Sturgeon Falls et Sandwich. Selon l'ACFEO, ces institutions de formation pédagogique forment une menace pour les écoles bilingues de l'Ontario français car les enseignants y sont formés pour appliquer le Règlement XVII. Lors de sa campagne contre les écoles modèles bilingues, l'ACFEO annonce l'ouverture de l'École de pédagogie de l'Université d'Ottawa et demande aux parents et aux commissions scolaires franco-ontariennes d'encourager cette nouvelle institution. Cependant, d'autres Franco-Ontariens préfèrent investir dans le réseau des écoles modèles. En 1925, l'école modèle « bilingue » de Vankleek Hill, située dans le couvent des Soeurs de Ste-Marie de Namur, ferme ses portes. Le chanoine Jean-Urgel Forget entreprend des démarches auprès du gouvernement ontarien afin d'ouvrir une nouvelle école modèle bilingue dans sa paroisse d'Embrun pour l'ensemble des candidats à l'enseignement des comtés de Prescott et de Russell. L'ouverture de l'école modèle d'Embrun survient alors que la commission Scott-Merchant-Côté mène son enquête sur l'état de l'enseignement dans les écoles franco-ontariennes. Comme l'école de pédagogie de l'Université d'Ottawa n'est pas encore reconnue par l'État, le chanoine Forget cherche à faire d'Embrun le principal centre de formation des enseignants bilingues de l'Est ontarien. Cependant, l'ouverture de l'école modèle d'Embrun est critiquée dans plusieurs milieux franco-ontariens. En 1925, l'ACFEO fait circuler un mémoire critiquant sévèrement les écoles modèles « bilingues ». L'année suivante, la Commission des écoles séparées d'Ottawa et la majorité des commissions d'écoles bilingues de l'Est ontarien décident de ne plus permettre aux étudiants des écoles modèles de faire leur stage de formation dans l'une de leurs écoles. Elles n'acceptent dorénavant que les diplômés de l'École de pédagogie de l'Université d'Ottawa. Cette décision force les Soeurs Grises d'Ottawa à fermer leur école modèle. Lorsque le gouvernement ontarien décide de reconnaître l'École de pédagogie de l'Université d'Ottawa en tant qu'école normale d'État, l'avenir des écoles modèles bilingues est compromis. Devant le succès de l'École normale de l'Université d'Ottawa, le gouvernement décide de fermer, en 1935, toutes les écoles modèles bilingues de la province. Les écoles modèles d'Embrun et de Sturgeon Falls sont transformées en écoles secondaires publiques. |
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