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Le mouvement de colonisation des Canadiens français Dans la deuxième moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle, l'émigration des Canadiens français vers l'extérieur du Québec est un phénomène démographique important. Des centaines de milliers de Québécois choisissent des destinations américaines, attirés par les possibilités de travail dans les manufactures, ce qui inquiète les élites canadiennes-françaises, clergé en tête. Soucieux de voir préservée l'identité catholique et française de la population et croyant que le mode de vie agricole est le plus susceptible de garantir sa survie, le clergé encourage fortement les familles québécoises à s'établir en zone de colonisation. Le curé Antoine Labelle, une figure devenue légendaire qui incarne ce mouvement dans le Nord québécois, a plusieurs équivalents dans le Nord ontarien. La région qui s'étend de North Bay à Sault-Sainte-Marie est le territoire d'action des missionnaires jésuites depuis les années 1840. Après une absence de près de 80 ans qui a suivi la Conquête britannique, la Compagnie de Jésus envoie à nouveau des missionnaires au Canada. Les premiers missionnaires arrivent de France. Graduellement, on forme à nouveau des jésuites au Canada et plus on approche de la fin du XIXe siècle, plus on retrouve de missionnaires d'origine québécoise dans le Nouvel-Ontario. Le Nord ontarien, nouvellement ouvert à la colonisation par la construction des chemins de fer fait partie des destinations à encourager. Des missionnaires-colonisateurs tentent de convaincre les familles canadiennes-françaises à la recherche de nouveaux lieux d'établissement de suivre la voie du Canadien Pacifique et de venir profiter du potentiel qu'offre le développement économique de cette région. |
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